Au Canada, la part de la population qui fait du bénévolat dans un organisme est passée de 41 % en 2018 à 32 % en 2023. Les heures données dans le sport et les loisirs ont baissé de 34 %, et 10 % des bénévoles fournissent maintenant 61 % de toutes les heures (Statistique Canada). Aux États-Unis, le taux est remonté à 28,3 % en 2023 après la pandémie, mais chaque bénévole donne moins de temps : 70 heures par année en moyenne, contre 96,5 en 2017 (Census Bureau).
Pour un club ou un centre de plein air, ça veut dire une chose : on ne peut plus compter sur deux ou trois personnes qui font tout. Il faut une structure qui répartit le travail. Plusieurs grandes organisations de sentiers ont écrit la leur ; cet article en résume les points communs. Les sources sont à la fin.
Un responsable désigné pour chaque sortie
La politique de sécurité de l'Appalachian Trail Conservancy (ATC) tient en une règle de base : chaque sortie de travail a un responsable désigné (ATC).
La Washington Trails Association (WTA) a bâti tout son programme autour de ce rôle. Elle forme des chefs d'équipe et des chefs adjoints ; la formation de base dure environ une heure et demie, une formation en urgence doit suivre dans les six mois, et il faut deux références. Les chefs adjoints servent aussi à préparer la relève : ce sont les futurs chefs (WTA).
L'intérêt pour un petit club est simple. Le jour où le fondateur n'est pas là, quelqu'un d'autre sait mener la sortie.
Une section par personne
La deuxième idée qu'on retrouve partout : confier un bout de réseau à une personne précise. À l'ATC, chaque bénévole d'entretien s'occupe habituellement d'environ un mille de sentier. Le modèle de fiche de rôle prévoit au moins quatre jours-personnes par année par mille, trois ou quatre visites, un mandat de deux ou trois ans, et la possibilité pour le superviseur de réassigner une section (ATC).
Le programme d'adoption de sentiers de la forêt nationale de Prescott, en Arizona, demande aux adoptants de travailler au moins quatre fois par année, d'avoir une formation en premiers soins et en RCR dans les six mois, et prévoit une visite annuelle du Service des forêts (USFS Prescott).
Le Lang Hastings Trail, en Ontario, sépare deux rôles : des observateurs qui parcourent leur tronçon chaque semaine et signalent ce qu'ils voient, et des intendants qui font l'entretien (Lang Hastings Trail). Pour un petit organisme, c'est une bonne porte d'entrée : être observateur ne demande ni outils ni formation technique.
La sécurité : ce qui est écrit, et ce qui ne l'est pas
Sur la tronçonneuse, les règles sont claires et concordantes. Le National Park Service exige au moins deux personnes pour toute opération à la tronçonneuse (NPS), tout comme la fondation des parcs et forêts de Pennsylvanie, qui exige aussi au moins dix heures de formation (PPFF). À l'ATC, la certification de scieur se renouvelle aux trois ans, et les premiers soins et la RCR aux deux ans (ATC). Le coordonnateur des scies du club suit les échéances, organise le mentorat et monte des équipes d'intervention après les tempêtes.
Pour le travail sans tronçonneuse, nous n'avons pas trouvé de taille minimale d'équipe dans les guides consultés. L'ATC permet à un bénévole de travailler seul sur sa section, à condition de suivre une procédure d'arrivée et de départ : quelqu'un sait où il est et quand il doit revenir (ATC). C'est une règle facile à reprendre, même dans un petit club.
Accueillir les nouveaux
La New York-New Jersey Trail Conference demande à ses superviseurs de parcourir le sentier avec chaque nouveau bénévole avant qu'il travaille seul (NY-NJ Trail Conference). À Prescott, les nouveaux adoptants observent un chef d'équipe mener une journée de travail. En France, la FFRandonnée a refait en 2024 le parcours de ses baliseurs : des prérequis, une formation en ligne, puis deux jours en présentiel (FFRandonnée).
Ce qui fait revenir les bénévoles
Deux études récentes donnent des pistes, sur de petits échantillons. Chez 115 bénévoles des équipes de l'ATC, la satisfaction envers les occasions sociales était le meilleur prédicteur du nombre de semaines de bénévolat ; le soutien de l'organisation prédisait plutôt le nombre d'années (Trauntvein et coll., 2018). Chez 354 bâtisseurs de sentiers de vélo de montagne au Danemark, quatre des cinq principales motivations étaient tournées vers les autres plutôt que vers soi (Arvidsen et coll., 2023).
Au Québec, le portrait du Réseau de l'action bénévole du Québec (RABQ) réalisé avec Léger en 2025 montre que les bénévoles donnent en moyenne 10,2 heures par mois, que 45 % ont été recrutés de bouche à oreille, et le RABQ conclut que les organismes doivent offrir plus de souplesse dans les horaires (Observatoire québécois du loisir).
Il y a aussi un revers. Des responsables de clubs de vélo de montagne australiens interrogés par Flow Mountain Bike en 2026 décrivent l'administration qui retombe toujours sur les mêmes quelques personnes ; l'un d'eux note que l'inscription et la formation obligatoires des bénévoles ont rendu l'entretien plus lourd à organiser (Flow Mountain Bike). Le Government Accountability Office américain rapportait la même tension en 2013 : des employés du Service des forêts disaient que les bénévoles « ne sont pas gratuits », et certaines forêts en refusaient faute de personnel pour les encadrer (GAO).
Prévoir le temps des coordonnateurs
L'ATC estime le temps de ses rôles de coordination : environ 25 heures par mois pour un superviseur de sentiers, de 3 à 12 heures par trimestre pour un coordonnateur des scies. Ces chiffres aident à présenter le rôle honnêtement à la personne qu'on recrute, et à voir quand il faut le diviser.
Dans Sentinel
Dans Sentinel, chaque membre a un rôle qui détermine ce qu'il peut voir et modifier, et on peut assigner du travail à un groupe plutôt qu'à une personne. La planification montre qui fait quoi cette semaine. Le temps se consigne sur la tâche, pour toute une équipe en une seule entrée (Consigner le temps sur une tâche), et les rôles de travail donnent un taux horaire à chaque métier, bénévole compris.
Sources
- Statistique Canada, Le bénévolat et les dons de bienfaisance au Canada, 2018 à 2023, 2025.
- US Census Bureau, Civic Engagement and Volunteerism, 2024.
- M. Fournier, Le bénévolat : en pleine transformation, mais toujours essentiel, Bulletin de l'Observatoire québécois du loisir, 2026.
- Appalachian Trail Conservancy, Trail Crew Safety and Skills Training, Section Maintainer, A.T. Sawyer Program, Check-In/Checkout Policy.
- Washington Trails Association, Volunteer leadership.
- US Forest Service, Adopt-A-Trail Manual, forêt nationale de Prescott, 2019 ; National Park Service, analyse des risques, tronçonneuse.
- Pennsylvania Parks & Forests Foundation, Chain Saw Safety Guidelines, 2024.
- New York-New Jersey Trail Conference, Best Practices ; Lang Hastings Trail, Volunteer ; FFRandonnée, Les formations Itinéraires évoluent en 2024.
- Trauntvein et coll., Place Attachment and ATC Volunteer Involvement, International Journal of Volunteer Administration, 2018 ; Arvidsen et coll., Why build mountain bike trails?, Journal of Outdoor Recreation and Tourism, 2023.
- Flow Mountain Bike, Battling burnout, 2026 ; Government Accountability Office, GAO-13-618, 2013.



